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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 11:04

 

"Quand les mots n’ont plus cours, quand la raison n’a plus cours, quand l’intelligence n’a plus cours, que reste-t-il ?... Des baffes dans la gueule ! "

[Axiome très personnel de JDZ] 

 

Cinq ans de taule. 

Cinq années à ruminer chaque jour les circonstances qui l’avaient amené dans la cage d’indignité, comme un fauve capturé.

Cinq années à chercher à comprendre où était sa faute, et il ne voyait toujours pas.

Cinq années au bout desquelles il n’avait plus qu’un seul but : se venger de ceux qui l’avaient jeté au trou.

Cinq ans d’emprisonnement avait prononcé le tribunal à l’issue d’un procès dont il n’avait compris ni la nécessité ni les arguties ni les accusations.

Il avait été comme anesthésié par le verdict ; il pensait que jamais des personnes sensées – et a fortiori des juges et des jurés – ne le condamneraient pour son geste. Bien au contraire, il s’attendait plutôt à des félicitations. Même s’il n’en attendait pas, tant il trouvait son geste normal, humain.

Il ya cinq ans, se promenant sur le front de mer, il avait entendu des cris venant de la plage au-dessous de lui. Il s’était précipité et avait découvert une scène violente : quatre mecs étaient en train de violer une jeune fille. Il s’était interposé. Il voulait juste mettre les agresseurs en fuite pour faire cesser l’outrage. Il leur a crié dessus, il a tiré par le col celui qui était sur la fille et l’a fait rouler à terre. Au lieu de se sauver, sûrs de leur nombre, les garçons ont affronté le sauveur providentiel. Manque de chance, c’était un expert des arts martiaux, et en tant qu’expert il savait qu’avec ce genre de voyous il ne fallait pas faire de détails, une sérieuse leçon s’imposait. Son intention avait été de leur infliger une correction, sans plus. Sauf que les quatre garçons ont sorti des armes : matraque télescopique pour l’un, nunchaku pour un autre,couteau pour un troisième et poing américain pour le dernier. Toute la panoplie. Et ils s’apprêtaient à s’en servir. Dans ce type de cas, il savait que la dissuasion ou le dosage des coups ne servait à rien, il fallait les "sécher" au premier coup sinon c’est lui qui y laisserait sa peau.  

En une seconde il n’a vu en face de lui que le danger de mort, il a donc réagi en fonction et il a frappé durement pour éliminer ce danger : résultat : une clavicule et des côtes brisées, un genou déboité, deux nez fracturés, et coma d’un jour et demi pour l’un des agresseurs qui restera handicapé à vie.

Chez les flics il a été entendu et compris. Au tribunal non. 

Les jeunes gens – et leurs parents – avaient porté plainte contre lui.

Confiant, il s’était présenté seul devant les juges, certain que tout le monde comprendrait qu’il n’avait pas eu le choix. Erreur, grave erreur. Le tribunal a estimé qu’étant un expert aux arts martiaux, et qui plus est, professionnel de la sécurité, ses compétences et ses capacités ont été considérées comme des armes par destination. Riposte disproportionnée avait dit le procureur. Donc circonstances aggravantes. Donc cinq ans pour tentative de meurtre.

Il n’avait plus qu’un mois et demi à tirer lorsqu’une émeute avec prise d’otages est survenue dans la prison lors d’une visite de notables et de professionnels de la justice. Dont le procureur de son affaire. 

Le directeur de la prison, le procureur, un visiteur des prisons, un fonctionnaire du ministère de la justice, un gardien, furent pris en otages. Malmenés par des taulards qui n’avaient plus rien à perdre, la situation dérapait vers l’extrême violence. Le visiteur (un ancien taulard humaniste) a vite repéré ce type un peu à l’écart qui observait sereinement la scène sans s’y mêler. Il a vu également l’attitude des excités qui lui jetaient des coups d’œil, comme pour s’assurer de sa neutralité.  Voulant s’adjoindre la collaboration de ce type qui ne participait pas à la violence, et afin de faire retomber la tension, le visiteur tenta un rapprochement. Le type lui répondit haut et fort pour que tous entendent : « je pourrais sauver ces mecs, j’en ai les capacités, ce ne sont pas les quelques excités ici qui m’en empêcheraient, mais je serais condamné encore une fois. » 

Le type est resté à l’écart de la prise d’otages et des violences qui se sont aggravées, personne ne pouvait rien lui reprocher. Les otages ont été frappés sauvagement, le directeur de la prison a fini à l’hosto avec d’importants traumatismes. Un commando d’intervention a investi la prison et ramené l’ordre.

Une semaine avant de sortir, il a été convoyé chez un juge d’instruction qui l’a informé que le procureur portait plainte contre lui pour non assistance à personne en danger. Là, le type s’est mis en colère. « Tentez ce que vous voulez contre moi mais cette fois ce sera sur la place publique que l’on jugera puisque la justice ne se fait plus dans les tribunaux. La famille de la jeune fille que j’ai sauvée a créé une association devenue puissante, vous le savez, et ils ne m’ont jamais laissé tomber durant ces cinq années, vous le savez également puisqu’ils me rendaient visite. Si vous voulez le scandale allez-y ! »

Il n’entendit plus jamais parler de cette affaire.    

 

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Published by JEFF
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commentaires

le ch'timi 11/03/2012 22:04


Bonsoir,


Toujours une part de vérité dans ce texte....


mais la viande à l'ail...c'est bon !..bonne soirée


amitiés


Patrick

JEFF 12/03/2012 07:16



"Toujours une part de vérité dans ce texte" dis-tu ... et pour cause ! (voir les coms ci-dessus)


La viande à l'ail !?... J'adore mais je ne peux en manger, ma femme est un evampire !! ... je ne vais pas la faire fuir tout de même.


Bye bye ch'ti, que le houblon te soit favorable.



HITOYUME 08/03/2012 13:54


Il y a peut-être un peu de fiction mais, à sa place  mon comportement , tel que je me connais, eut été pire. Je les massacre et pour finir, les pulvérisent, les désintègrent, et les
transforme en viande hallal.

JEFF 08/03/2012 17:58



Tu ne pourrais pas les transformer en viande hallal, l'abattage ne serait pas conforme, ils doivent être saignés sans être estourbis avant !!!


Tant pis ce sera du steazk hâché non hallal ... c'est bon aussi tu sais.


 



Sucramus 07/03/2012 20:34


Juste, une fiction, juste juste, c'est quoi être juste ???les godasses? la taille? les connaissances????????????

JEFF 08/03/2012 06:35



J'ai répondu à tes questions dans le com ci-avant sur la demande de Glorfindel


Et puis toi tu sais la part de fiction, c'est l'une des questions que tu m'as posée lors de notre soirée.


Je repose toujours mes récits (articles ou romans) sur des faits réels, mais ensuite je brode. Je passe une couche de peinture pour cacher la crasse de la réalité.


Allez, j'te retiens pas, je sens ton impatience à filer sur les pistes enneigées des vieux monts des Vosges.


Fais gaffe tout de même à ski, monte sur le trottoir !  



Glorfindel 07/03/2012 13:47


Histoire vraie ....? Et pas arrangée un tout petit peu ...? Moi, je tiens pour la fiction; notre Justice est juste .... juste juste !!!!


Les pets de la Justice ...!

JEFF 08/03/2012 06:26



Bien sûr que l'histoire est romancée sinon ce ne serait qu'un entrefilet journalistique.


Une histoire racontée par un romancier emprunte à des opinions, des regards, des interprétations, des sentiments qui embellissent et renforce le sujet. 


Mais elle est (hélas) vraie et plus sordide que présentée ici. C'est arrivé à une personne avec qui j'ai occasionnellement collaboré.


Les faits bruts : histoire vraie aux deux tiers - la prise d'otages eut bien lieu mais elle ne se déroula pas comme racontée - et le type ne fut
pas le seul à être poursuivi pour non assistance de personne en danger, tous les détenus présents l'ont été, même ceux qui sont restés neutres - mais dans un souci de paix carcérale, les
poursuites furent abandonnées.


Ah, j'oubliais : les parents de la victime ne remercièrent jamais le sauveur. Dans mon récit je leur ai attribué un beau rôle. C'est mon côté midinette.



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